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L’OTAN au sommet de Varsovie : unité, fermeté et dialogue

Par Gilbert LE BRIS, député du Finistère, membre de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées, Président de la Délégation française à l’Assemblée parlementaire de l’OTAN

Les 8 et 9 juillet s’est tenu à Varsovie en Pologne le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’OTAN.

Dans ce lieu «historique» les 28 Etats membres de l’Alliance ont résolu, à juste titre, d’une posture équilibrée de fermeté et de dialogue avec Moscou. Face aux actions «agressives» et «menaçantes» de la Russie de ces dernières années, il a été décidé, en «réassurance» pour ces alliés, l’envoi de quatre bataillons (600 à 1000 hommes chacun) dans les pays baltes et en Pologne. La France, sans être «nation-cadre» participera à hauteur de 150 hommes à ce «plus grand mouvement de personnel depuis la fin de la guerre froide». Conjugué à la continuation de la mise en place d’un soutien antimissile en Europe, il s’agit d’un message clair de fermeté adressé à la Russie de Poutine.

Mais comme l’OTAN n’a de vocation que défensive, il a également été rappelé que la porte restait ouverte, ne serait-ce que par la commission OTAN-Russie, pour un dialogue constructif avec ce grand voisin de l’Est.

Aucun doute sur la détermination à n’accepter aucune déstabilisation à l’Est de l’Europe mais «main tendue», c’est dans le sens des objectifs historiques de l’alliance, qui est née d’une volonté de garantir la paix sur un continent qui sortait de deux guerres mondiales.

Mais ce sommet a aussi «regardé» vers le Sud. L’annonce de la création d’un secrétariat général adjoint en charge de renseignement, vise à améliorer la coordination des moyens des alliés notamment pour se prémunir des menaces liées au terrorisme. Par ailleurs la lutte contre Daesh nécessite une plus grande implication de l’OTAN qui déploiera des avions de type AWACS et qui a lancé une opération de sûreté maritime en Méditerranée.

Le partenariat et le dialogue, tant politique que militaire, avec les pays de Méditerranée et Moyen-Orient, dont je préside le groupe parlementaire, continueront logiquement.

Cybersécurité, admission du Monténégro, étaient d’autres points à l’ordre du jour de ce sommet qui a réussi  sa double affirmation d’unité et de détermination.

Les 28 pays ont réaffirmé leur engagement à augmenter leurs budgets de défense jusqu’à 2% de leur PIB. Il est évident que, dans un contexte instable, marqué par une multiplication de menaces, les pays européens ne peuvent plus fuir leurs responsabilités. Je considère que si nous voulons garantir notre sécurité collective, il faut produire un effort commun équivalent et solidaire.

Ce sommet n’est pas celui de la rupture mais bien celui de la constante adaptation de l’OTAN aux menaces qui planent sur l’Europe et un message ferme de ses membres en faveur de la paix dans la région.